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Les filaments solubles

Les filaments solubles : quelles implications ?

En apparence, le choix d’un filament soluble parait idéal pour s’affranchir des contraintes spécifiques à l’imprimante 3D, mais ça n’est pas aussi simple que ça !

Tout d’abord, le filament soluble coûte très cher : l’utiliser comme support pour une pièce augmente de manière considérable le prix de la pièce imprimée. En conséquence : une forte diminution de la rentabilité de l’utilisation de l’imprimante 3D, censée être une innovation face aux autres modes de production.

Mais ce n’est pas tout : la production de filament type HIPS ou PVA est extrêmement polluante. C’est dommage de choisir de travailler le PLA (respectueux de l’environnement) pour l’associer à du PVA polluant. De plus, l’eau dans laquelle le filament sera ensuite dissout sera jetée chargée de produits toxiques qui contribueront à détruire la faune et la flore, tout en diminuant encore cette ressource de moins en moins renouvelable.

Enfin, du fait qu’il soit dissout, il ne pourra jamais être recyclable, alors que de plus en plus de recherches vont dans le sens du recyclage des filaments. Le filament soluble est donc à usage unique tandis que les autres pourront, à terme, être réutilisé.

Utiliser ce produit ne semble donc pas valoriser au mieux la fabrication par impression 3D, mais il est possible de travailler autrement les matériaux pour s’affranchir des filaments solubles. Pour commencer, les contraintes de la conception avec l’imprimante 3D peuvent être envisagée comme des atouts, cela permettrait de concevoir des pièces qui n’ont pas besoin de support. Bien entendu, cela n’est pas envisageable pour toutes les pièces, mais avant d’envisager l’utilisation de filament soluble, on peut d’abord évaluer les possibilités de faire le support avec le même filament qui servira à imprimer la pièce. Un bon logiciel et de bonnes connaissances en génération de fichier.gcode permettent d’obtenir un support qui se détachera aisément de la pièce avec un bon rendu final.

Evidemment, pour certaines pièces, cette technique ne fonctionnera pas : le besoin de support sera trop précis pour que l’imprimer dans le même filament que la pièce soit impossible. Auquel cas il s’agit de configurer ce support soluble afin qu’il soit présent le moins possible : en l’utilisant en complément de l’autre filament par exemple.

L’impression 3D c’est une véritable avancée technologique : un gain de temps, un gain de matière (on n’est plus dans de la découpe de matière, avec de la chute et donc des déchets inutilisables, mais dans de la création de matière sur mesure), de nouvelles possibilités de pièces impensable sans cet outil, … Et si nous permettions à ce fantastique outil de s’inscrire dans une démarche durable ?

17 octobre 2019
TECH-ALSACE
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