La fabrication additive s'invite désormais dans la construction navale. Le constructeur sud-coréen Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering a eu recours à l'impression 3D pour produire des maquettes de navires destinées à ses essais.

Pourquoi imprimer un navire en 3D

La construction navale à grande échelle passe habituellement par la réalisation préalable d'une maquette, comme c'est aussi le cas dans l'aérospatiale. Cette étape permet de vérifier les aspects du design et d'apporter des corrections avant la construction réelle, ainsi que de réaliser des analyses dynamiques des fluides. Une maquette en bois, généralement usinée par CNC, prend environ trois semaines à produire.

Le projet de Daewoo

Daewoo Shipbuilding, classé 4e plus grand chantier naval au monde et parmi le top 3 mondial derrière Hyundai et Samsung, s'est associé à Ingersoll pour produire ses maquettes par fabrication additive thermoplastique. Le procédé a permis de réduire le temps de fabrication de 40 % par rapport au bois. Le modèle réalisé, un navire à double dérive de 10 mètres, a été imprimé en ABS (acrylonitrile butadiène styrène), un matériau choisi notamment pour sa facilité de recyclage : il suffit de le découper et de l'extruder à nouveau.

Un record en ligne de mire

Daewoo présente ce modèle comme le premier au monde de ce type destiné au prototypage naval, sans toutefois revendiquer la première impression 3D d'un navire : en 2019, l'Université du Maine avait déjà réalisé un navire imprimé en 3D de 7,3 mètres, alors le plus grand au monde, ce qui avait valu à son centre de recherche trois records Guinness (plus grande imprimante polymère 3D, plus grand bateau imprimé en 3D et plus grand objet solide imprimé en 3D). Le modèle de Daewoo est aujourd'hui le plus grand jamais réalisé en la matière.